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Bruno Georis à la Mostra de Venise, en 2016, où il accompagnait le film « King of the Belgians », présenté dans la section « Orizzonti »

Le réconfort des bons mots en audio

 

Podcast

Le comédien belge Bruno Georis partage sa passion des lettres dans une nouvelle série.

Entretien Jacques Besnard

 

« La Peur » de Guy de Maupassant afin de prendre du recul sur nos angoisses. « Le Parapluie du presbytère » de Lewis Carroll pour interroger notre rapport au temps. « A la recherche du temps perdu » de Marcel Proust, dans le but de saisir l’importance, à tout instant, de prendre conscience de soi. Durant le confinement, le comédien Bruno Georis a lancé : « Au fil des pages et des jours », une série de podcasts en vue d’analyser « l’actualité par le regard de la littérature et de la poésie ». Avec la comédienne Joséphine de Renesse, ils interprètent des textes classiques dans des capsules sonorisées par Christophe Cossement.

Comment est née l’idée de ce podcast ?

Depuis des années, je fais des spectacles de littérature. J’investissais des lieux comme la Maison des Ecrivains et j’adaptais mon spectacle en fonction des lieux où je me trouvais. Dans les musées, j’ai également organisé des visites dans lesquelles j’associais des œuvres d’art avec des textes littéraires. Par exemple, j’ai mis au point une promenade au Musée Fin de siècle en présentant des poèmes d’Emile Verhaeren parallèlement à certaines œuvres. Avec le confinement, c’est un peu la cata, des projets ont été arrêtés. J’ai fait aussi de la pub, du doublage et noué des relations au sein des maisons de production de publicité, notamment avec Christophe Cossement de la boîte Cobra. L’idée a germé et on a rabattu toute notre énergie sur cette proposition : une sorte de tribune littéraire et poétique autour de l’actualité. On lit ces textes avec Joséphine avec qui j’ai déjà travaillé et joué au théâtre. A deux, c’est plus agréable. Christophe apporte les atmosphères, les fonds sonores.

Comment sélectionnez-vous les textes ?

Pour vous donner un ordre d’idée, j’ai choisi La Peur de Maupassant car j’ai une petite fille de 5 ans et je trouve qu’il y a un climat très anxiogène et extrêmement néfaste. C’est un très beau texte évoquant des gens confinés dans une cabane et qui ont peur d’un fantôme. A tel point que ça les rend fous. C’est un texte qui permet de faire attention sur le fait de s’enfermer dans une peur car on perd le sens des réalités. Ce sont des positions, un regard poétique ou littéraire sur une réalité qui nous permettent de changer notre point de vue.

Qu’avez-vous lu pendant ce confinement ?

Je suis extrêmement sensible à l’idée de l’enfance. Je suis plongé dans les vieilleries. Je lis Georges Duhamel : « Les Plaisirs et les jeux ». Ce sont des livres qu’on ne lit plus. Il sortait de la guerre 14-18 et il a simplement retrouvé un sens, de la sagesse, en s’occupant des ses enfants après la Guerre. Il a réappris à vivre en regardant l’immense joie qui habite les enfants. Je vis à côté d’une école et simplement d’entendre les cris d’enfant dans la cour de l’école, ça redonne sens.

Les textes ont-ils un effet cathartique ?

C’est une mise en distance tout le temps : la littérature, la poésie, le théâtre, le divertissement. Il y a des besoins essentiels évidemment : la santé, l’éducation, etc. Mais les besoins secondaires, c’est ce qui fait toute notre humanité, notre identité, notre langue, notre spiritualité. Ce n’est pas essentiel immédiatement et pourtant c’est ce qui nous différencie complètement de l’animal. C’est le fait d’avoir un frisson esthétique, qu’on ait peur, qu’on aime, qu’on n’aime pas. Proust dit que la littérature, c’est la vraie vie. Cet univers hallucinant que chacun a en nous. J’ai l’impression que la culture est devenue une arrière-salle de café à laquelle on va de temps en temps. C’est une nourriture essentielle. Ce n’est pas que du divertissement. C’est ce qui va faire qu’à un moment donné, vous n’êtes pas d’accord avec quelqu’un, vous allez vous indigner.

Vous participez aussi à l’initiative « Au creux de l’oreille » (www.ouvrirlesportes.be/acob-spectateur), au cours de laquelle des comédiens lisent une poésie, l’extrait d’une pièce, bénévolement, à un interlocuteur au bout du fil : ça vous amuse ?

J’apprends des textes depuis des années alors j’ai un plaisir fou à dire de tête ces textes. C’est une volupté, presque, la mémoire pour moi. J’essaie de monter un spectacle pour l’année prochaine autour de Jean de La Fontaine pour le quadricentenaire de sa naissance. J’apprends des fables et je les donne. C’est un bonheur.

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Uitgever : Bruno Georis - Brussel
Contact : bruno@georis.eu